Mélanie : réussir ses études avec Pisourd

Publication : 18 octobre 2021

Aux Beaux-Arts de Marseille - ESADMM (École supérieure d'art et design de Marseille-Méditerranée), un programme d'accompagnement et d'accueil d'étudiantes et étudiants sourds et malentendants, Pisourd, leur permet d'accéder aux enseignements artistiques. Mélanie, étudiante sourde, revient sur son parcours.

Un programme pilote

Accessible sur concours, le programme Pisourd est habilité par le ministère de la Culture en tant que projet pilote. À travers un atelier de recherche et de création comprenant des actions pédagogiques (Pilab Création), des étudiantes et étudiants sourds et entendants travaillent autour de la création contemporaine. Des cours de LSF (langue des signes française) ouverts à tous et toutes favorisent les échanges. Des interprètes en LSF permettent aux étudiants sourds de suivre les cours. Mélanie, aujourd'hui en 1re année de doctorat en sociologie et art, a suivi la première partie de son cursus aux Beaux-Arts de Marseille - ESADMM grâce au programme Pisourd. "J'ai postulé à l'ESADMM. Cela a été le coup de foudre : pour la première fois de ma vie, je me suis sentie en sécurité émotionnelle. Tout était organisé pour les sourds sans avoir rien à demander."

Vers l'inclusion

Au lycée, Mélanie n'avait aucune accessibilité. "Je comprenais environ 50 % des cours. J'étais obligée d'essayer de faire de la lecture labiale. À la pause ou le soir, j'avais un cours de soutien avec une répétition du cours que je n'avais pas compris. Pour moi, c'était fatigant et pas du tout adapté." Une perte de temps que le programme Pisourd permet d'éviter. Aux Beaux-Arts de Marseille, Mélanie a accès aux cours directement en langue des signes. "Mon vrai besoin, c'était la présence d'interprètes en langue des signes pour les cours, les séminaires, les conférences. Je n'avais pas besoin de cours de soutien. Je comprenais le cours et je me sentais à égalité."

Améliorer l'accessibilité

Dans le cadre de ses études en doctorat, elle travaille sur la représentation des personnes sourdes dans la société. "Lorsqu'il y a des appels à projets, je réponds, que ce soit pour des concours, des expositions, des festivals ou autres. J'ai beaucoup de refus. C'est difficile de se rendre visible." Selon Mélanie, la LSF est considérée un peu comme la dernière solution, après l'oral, la LfPC (langue française parlée complétée). Plus tard, elle songe à travailler dans le milieu de la culture ou du handicap afin d'essayer d'améliorer l'accessibilité pour les personnes sourdes.