Le collège : un changement de taille

Publication : 24 septembre 2020

Nouveau cadre, nouvelles matières, autre rythme… l’entrée au collège marque une étape importante. Passage en revue des solutions adaptées pour y réussir sa scolarité lorsqu'on est en situation de handicap.
Scolarisation des élèves handicapés au collège /© Jérôme Pallé/Onisep

Des aménagements par matière

L’élève aura désormais plusieurs enseignants. Il devra changer plus souvent de salle. La masse des connaissances à acquérir sera également plus importante, avec, pour la première fois, une échéance et un examen : le DNB (diplôme national du brevet), en fin de 3e.

Chaque discipline devra être abordée en fonction des limites engendrées par le handicap. Exemple : les difficultés pour un élève déficient visuel à manipuler le matériel en sciences, les cartes en géographie. C’est là que le PPS (projet personnalisé de scolarisation) prend tout son sens. Il devra définir, matière par matière, les aménagements à mettre en place, les éventuelles dispenses de cours (comme la musique, en cas de gêne respiratoire).

La scolarisation en milieu ordinaire, oui mais…

La réussite de l'inclusion scolaire dépend beaucoup des moyens d’accompagnement mis en place. Même si l’élève est accompagné par un (AESH) accompagnant des élèves en situation de handicap), un travail d’adaptation des cours est indispensable. Par exemple, pour les enfants autistes, il faut simplifier l’information sur des fiches avec une notion par page afin de ne pas les noyer.

L’Ulis : des savoirs plus accessibles sans perdre en autonomie

Le dispositif Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire) est une des modalités de mise en œuvre de l'accessibilité pédagogique pour les élèves en situation de handicap. On compte près de 2 300 Ulis au collège, et 580 au lycée. Les collégiens partagent leur emploi du temps entre les cours en classe avec les autres élèves et des heures de travail adapté dans une salle réservée. Pour un enfant dyspraxique par exemple, il s’agira pour les cours d’histoire-géographie d’un travail de mise en forme des supports : codes couleurs, documents agrandis…

Le milieu spécialisé : du sur-mesure

Si l’état de l’élève ne lui permet pas d’être scolarisé en milieu ordinaire, les établissements médico-sociaux peuvent, dans le cadre du PPS, lui proposer un enseignement sur mesure dans le cadre d’une "unité d’enseignement". Ils assurent à la fois les soins, la rééducation et la scolarisation. L’élève peut aussi être scolarisé à temps partiel dans un établissement médico-social et bénéficier d’un temps d’inclusion dans une classe de collège ou être inscrit dans une unité d’enseignement délocalisée dans un collège. C’est l’enseignant référent qui coordonne les différentes actions et fait le lien entre l’élève et les structures qu’il fréquente.

Réfléchir à son orientation

Dès la 3e, il est nécessaire que l’élève se préoccupe de son orientation. Les stages sont un bon moyen pour anticiper les possibilités de formation ou de pré-orientation : voir comment le jeune évolue dans le monde professionnel, connaître les activités qu’il peut ou souhaite faire mais surtout celles qui ne lui conviennent pas. En fonction de son projet et des contraintes imposées par sa situation de handicap, il aura le choix entre voie générale et technologique et voie professionnelle, CAP (certificat d’aptitude professionnelle), bac pro, 2de générale et technologique… La procédure d’affectation en fin de 3e prend en compte les besoins spécifiques des élèves en situation de handicap (proximité géographique et accessibilité de l’établissement de formation…).