Varvara, étudiante en année de césure à Neoma Business School

Publication : 19 août 2022

Après une année de classe préparatoire au lycée Fabert à Metz, Varvara a rejoint Neoma Business School de Reims où elle prépare un master en management. Elle retrace son parcours de formation, et les aménagements dont elle a bénéficié.
Portrait de Varvara, étudiante en année de césure à Neoma Business School

Un parcours de soins fluctuant

"Pendant ma première année de prépa, en 2017, j’ai fait une dépression. J’ai consulté mon médecin traitant, généraliste, qui ne m’a pas prise au sérieux. Je n’ai pas réussi à obtenir de prise en charge. C’est pendant le confinement dû à la Covid-19 que ma situation est devenue alarmante. Mon humeur changeait constamment. Après le déconfinement, ma situation ne s’est pas améliorée. J’en ai parlé à des amis et à mon médecin traitant. Ce dernier m’a conseillé de prendre contact avec un psychiatre. J’en ai sollicité plusieurs, mais je n’ai pas réussi à décrocher un rendez-vous à cause de la crise sanitaire. J’ai essayé sans succès de contacter un centre de prévention des troubles psychiques chez les jeunes. Finalement, c’est la référente handicap de l’école qui m’a orientée. Elle a exigé une prise en charge urgente. Après une série de tests, j’ai appris que j’étais bipolaire. J’ai été redirigée vers un médecin spécialisé qui a repris contact avec la référente handicap et le médecin agréé de l’académie de Reims."

Des aménagements facilitant la scolarité

Du fait de sa situation de santé, Varvara a eu droit à plusieurs aménagements dans le cadre de ses études : une dispense d’assiduité en cours avec un suivi individualisé par des professeurs en cas de besoin, un temps majoré aux partiels et aux tests effectués en classe, et des délais supplémentaires pour rendre les travaux.

Ces aménagements lui ont permis d’obtenir de bons résultats. "Il est important de parler de son handicap. Ma bipolarité, apparue pendant mes études et diagnostiquée après 3 ans d'errance, n'est pas un tabou".

La jeune étudiante a bénéficié d’une bourse de la Fédé 100% handinamique qui lui a permis de prendre en charge les consultations de psychologues, non prises en charge par l’assurance maladie, et les traitements médicaux qui ne sont pas remboursés à l’étranger.

"Le handicap n’est pas un frein"

"Je n'ai pas demandé la RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé). Mes troubles n’ont pas d'impact sur la qualité de mon travail. J’avance bien dans mon projet professionnel. Mon premier stage s’est déroulé à Prague au sein de Livea.fr, une entreprise française qui opère dans le marché du sanitaire et de la robinetterie. J’étais rattachée au service client et chargée d’analyser les expériences-produit de la clientèle. Actuellement je suis en stage (management opérationnel) dans une start-up basée juridiquement à Bordeaux, active dans le domaine de la cryptomonnaie. Je travaille à distance, "full remote" car l’entreprise n’a pas de bureaux physiques. Je n’ai pas demandé d’aménagements spécifiques. Cela ne me semble pas nécessaire car je suis bien stabilisée. Cependant, j’ai informé les responsables de mon stage de ma situation de santé, alors que lors de mon premier stage, je ne l’avais pas évoquée car j’avais peur de ne pas être recrutée".

Varvara, qui s’apprête à effectuer un double diplôme au Vietnam, cette fois-ci, souligne la nécessité de "changer le regard par rapport au handicap". Elle considère que son témoignage est "une libération des préjugés".